Jeu, Sep 21, 2017
nuovo-centro-small

Du yoga à l’aplomb


Je suis revenue de ces trois mois de travail intensif très droite, avec des articulations débloquées - la sacro-iliaque droite, par exemple ; la gauche commence seulement à s’assouplir maintenant - et d'autres bloquées à tout jamais par excès de tensions ou de pression - l'articulation D12 - L1, par exemple -. J'y ai aussi pris un faux pli par manque de compréhension du vocabulaire du maître : quand il disait "chest up" je me redressais en montant les côtes flottantes et les fausses côtes par une contraction (et non une extension) des extenseurs du tronc qui crée une fausse cambrure en arrière dans les dorsales.

La colonne vertébrale, arbre de vie, par laquelle passe le système nerveux central dont l’énergie irrigue jusqu’aux ongles, jusqu’à une petite surface grosse comme une fève sous le pouce du pied ou au dos du talon. Cette colonne vertébrale dont la position permet ou non le mécanisme de base de la respiration qui nous régénère en permettant l’assimilation de l’Énergie grâce à la soumission de nos différents poids à la Gravité.

Pour la philosophie du yoga, l’énergie apportée par les deux canaux de la respiration rencontre dans les plexus celle émise par le cerveau et qui est véhiculée par le système nerveux central ; ces énergies régulent tout le mécanisme vital. Que la colonne vertébrale soit en bon état est donc primordial pour le bien-être et l’harmonie d’un être, sa fusion avec l’Être Cosmique. Il faut donc bien la connaître pour bien la traiter. Hippocrate, ne disait-il pas "Il est nécessaire de posséder une solide connaissance de la colonne vertébrale, car de nombreuses affections sont en effet causées par un état défectueux de cet organe." 2 Perez-Christiaens Noëlle, 1978, Kuņdalinī Ma, Paris, Institut B.K.S.Iyengar., p106

En 1971 , B.K.S. Iyengar au retour d’un voyage en Angleterre s’était arrêté à Paris pour donner un séminaire dans mon Institut. Il m'avait alors montré que mes élèves n’avaient pas le cou relaxé dans la posture debout sur les épaules (sarvāngāsana = la chandelle en gymnastique.).

En 1972 il était revenu ; il m'avait fait remarquer que tous les cous étaient en effet bien relaxés, mais que, maintenant, dans la même posture, les élèves n’étaient plus sur l’axe. En ce temps (pas si lointain qu'il y paraît), je n'avais pas compris que sur l'axe, chaque être, chaque chose est d'aplomb et que l'équilibre se tient tout seul. Sur l'axe - c'est-à-dire quand on est d'aplomb - tout est en équilibre et tenu par la simple gravité et le tonus musculaire. Nous avons donc, à partir de ce moment-là, placé sous les épaules, une grosse épaisseur de couvertures (les supports qu’Iyengar m’avait donnés pour les postures assises à Genève, en 1965) pour éviter
que n’apparaisse peu à peu une certaine surdité.