Jeu, Sep 21, 2017
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Marche

La marche :
une suite de chutes ou d’équilibres sur un pied ?

La marche n'utilise que la musculature propre à la propulsion, c’est-à-dire celle du dos de la jambe arrière : des fessiers à la pointe des orteils, en passant par le dos de la cuisse, le mollet, la voûte plantaire et le dessous du bout des orteils. Le tronc reste toujours en équilibre parallèle au sol et face au lieu où il va, il ne se "dévisse" pas par rapport à la ligne médiane : le bassin reste parallèle au mur vers lequel il se dirige sans accompagner l'ouverture de l'aine de la jambe arrière, c'est-à-dire sans mouvement de droite et de gauche.
De même le bassin ne se dandine pas de haut en bas sur la tête de fémur de la jambe sur laquelle le poids se pose, il reste horizontal par rapport au sol sur lequel on marche ; les bras, relaxés, peuvent pratiquement ne pas bouger; tout au plus les avant-bras dodelinent.
En somme, dans la marche normale, le tronc est propulsé, toujours égal à lui-même, par l'action des jambes - depuis les fesses - et uniquement grâce à elles. Avant d’aller plus loin, faisons un petit résumé :
• la jambe arrière : est la principale. Le fémur est entraîné très loin en arrière par les muscles de la fesse et ceux de l’arrière de la cuisse (les muscles extenseurs de la hanche) ce qui allonge le creux du genou et pousse le talon par terre. Plus cette action est forte, plus le pas peut être grand. La voûte plantaire maintenue et les orteils posés bien ronds sur leur pointe appuient fortement sur le sol, comme s’ils voulaient le repousser en arrière.
• La jambe avant : elle n’a aucune importance : quand le bassin est bien placé, sans même qu’on y pense, le poids arrive sur un genou fléchi grâce à une action très intelligence de la nature.

Le pied

Ce qui m’a extrêmement étonnée, est de voir comme dans nos régions, les pieds se déforment rapidement. Au cours de quarante années de travail, on constate que l'âge des élèves déjà handicapés par leurs pieds s'abaisse d'une façon inquiétante. Il y a un problème grave, mais comment peut-on le cerner d'abord, pour ensuite tenter de lui trouver un remède?

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A force de voyager un peu partout pour pouvoir faire des comparaisons, je me suis aperçu que tous les pieds non endommagés étaient sensiblement les mêmes ; de fait, ils ont la même fonction ! Il y en a de plus allongés, d’autres sont plus carrés, mais, le rôle qu’ils ont dans l’équilibre et la propulsion leur donne une grande ressemblance à quelque âge qu’on puisse les observer.

Les pieds qui ne sont pas encore endommagés ont une courbe convexe sur le dessus, depuis le petit creux au milieu de la cheville jusqu'à la pointe des ongles des orteils. Le vallon que la plupart d'entre nous ont au-dessus du pied, à la grosse articulation des orteils (métatarso-phalangienne) est absolument
faux.

C'est une chose très difficile à comprendre : les orteils ne sont pas faits pour former un angle avec le dessus du pied, leur articulation aux métatarses est confectionnée par la nature dans le même sens que les doigts de la main de manière à fléchir vers la plante du pied. C’est dans cette position qu’ils peuvent s'enfoncer dans le sol pour maintenir l'équilibre quand c’est nécessaire, et repousser le sol loin derrière eux lors de la marche.
La première chose qui frappe dans tous ces pieds, c'est qu'ils servent vraiment ; on sent qu'ils ont un rôle dans l'équilibre : le poids est toujours au talon. La pointe des orteils, loin d'être inerte ou raidie, pousse sur le sol à chaque pas, quand le pas se termine ; puis elle se relaxe avec la cheville, entre deux pas.

Si les orteils ne sont pas abîmés, s’ils ont gardé leur forme primitive, ils sont aussi arrondis, dans la chaussure. Dans la marche, les orteils du pied arrière sont donc restés en rond dans la chaussure, ce qui leur permet de pousser sur le sol et cette propulsion donne toute sa fermeté, sa rapidité et sa précision à la démarche; on sent que la musculature fonctionne dans toute son efficacité, sans qu’on en soit conscient : les pieds font ce qu'ils ont à faire, normalement. Pensons à un mammifère terrestre quelconque : il pousse sur le sol et cette action utilise jusqu'à la fine pointe de la dernière phalange. Il en va de même pour les oiseaux marcheurs.
Dans les grimpettes c’est la même chose : l'impulsion est donnée depuis la fesse par tout l’arrière de la jambe pour enfoncer le talon dans le sol, puis le poids passe sur la pointe des orteils et se termine sur le premier qui pousse très fort et imprime sa trace dans la chaussure. La même technique est utilisée par la
course.