Jeu, Nov 23, 2017
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Port sur la tête


Nous sommes en 1990, fin octobre ; nous arrivons dans le village de Salau par une belle matinée d’automne et Roger Rieu est là, près du ruisseau, devant sa maison, à nous attendre… avec son bon sourire et son allure de grand et beau paysan bien planté sur ses pieds, sur l’arrière de ses pieds, droit comme un i malgré ses 70 ans, affable et accueillant comme un bon grand père, prêt à donner tout ce qu’il pourra à cette drôle de parisienne qui, mariée à un analphabète portugais, s’est donné tant de mal pour apprendre à porter sur la tête pour mieux comprendre pourquoi tous ceux qui ont ainsi porté sont si beaux à voir, si droits, tellement élégants, malgré des vêtements de travail élimés et parfois salis. Des beautés d’hommes et de femmes qui n’ont rien appris de l’élégance apprêtée des villes et sont beaux et élégants par eux-même, par leur port-même, par leur prestance. Annie, mon amie, nous avait annoncés au téléphone, et il était là, prêt à tout et ne s’étonnant de rien.

 

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Nous commençons par parler du transport des charges sur la tête et je m’aperçois que, pour Roger Rieu comme pour Miguel, porter directement sur la tête, dans l’axe vertical, ou porter grâce à la tête, avec une sangle, cela revient au même. Il est vrai que c’est le même travail d’étirement vers le haut de toute la musculature du dos et de la ceinture abdominale - ce sont des gens auxquels on n’a jamais fait faire "des abdominaux" en raccourcissant le ventre, en faisant faire la trop fameuse bascule du bassin en rétroversion et donc, en plaquant les ‘reins’ au sol et en abaissant la cage thoracique vers le pubis. Eux ont une sangle abdominale longue et très ferme.